Non, Alan Moore n’est pas sataniste.

Ses fans nous l’assurent :  Alan Moore est un génie visionnaire qui a révolutionné les comics, collectionnant les récompenses, glorifié par la critique pour sa vision « mature » (= glauque et ambigüe) de la société ou des superhéros. Alan Moore n’est pas sataniste, c’est juste un athé qui s’amuse avec le folklore gothique ; et s’il vénère un serpent, c’est pour tourner en dérision les religions, c’est lui qui le dit et on peut le croire. Les clins d’oeil à Aleister Crowley planqués dans ses BD, c’est juste pour faire le buzz. Et s’il a écrit plusieurs livres de magie et d’ésotérisme, c’est évidemment à prendre au second degré car il s’agit d’un original. Il faut vraiment être naïf pour le prendre pour un sataniste, il est tellement plus subltil que ça.

Alan Moore

« Alan Moore pratique la magie et est gnostique depuis le milieu des années 90. Il adore également Glycon, une divinité-serpent romaine apparue en Macédoine au IIème siècle et à qui il a consacré un autel dans sa résidence. Si ce dieu est encore l’objet de superstitions, notamment en Turquie, il semblerait que Moore soit aujourd’hui l’un de ses seuls adorateurs. Celui-ci explique avoir d’abord accompagné ses expériences magiques avec des drogues psychédéliques mais ne plus en avoir besoin à présent, pas même pour communiquer avec le divin. »

Alan MooreAlan Moore

L’auteur explique avoir été amené à la magie par l’écriture, et qu’elle est désormais au centre de sa vie : « Un phylactère de From Hell a complètement détourné ma vie. Un personnage dit quelque chose comme, «le seul endroit où les dieux existent est incontestablement dans l’esprit humain ». Après avoir écrit cela, j’ai réalisé que j’avais accidentellement fait une déclaration vraie et que maintenant je devais réorganiser toute ma vie autour d’elle. La seule chose qui semblait vraiment appropriée était de devenir un magicien. Pas le type « choisissez une carte », plutôt le type « je converse avec les démons ».

Le « grand monsieur » est aussi anarchiste, antifasciste, végétarien, défenseur des causes homosexuelles et féministes (il fait donc partie du Camp du Bien), auteur de plusieurs ouvrages sur la pornographie, et jamais avare de dénonciations cinglantes envers « les religions » et le monothéisme.

Il est expulsé de l’école à 17 ans car il vendait du LSD ; dès 18 ans, il publie dans un magazine BD,  avec comme pseudonyme… « Jill de Ray » , en hommage à Gilles de Rais (monstre sadique célèbre, sataniste qui fut pendu puis brûlé pour avoir atrocement torturé, violé et assassiné plusieurs centaines d’enfants). Quelques années plus tard, il sort la BD « From hell », consacrée à Jack l’Eventreur (développant des théories du complot fumeuses, le tueur étant embauché pour cacher l’existence d’un enfant illégitime de la famille royale et assassiner des prostituées gênantes…), dans lequel on retrouve de nombreux clins d’oeil à Aleister Crowley.

Sa BD « V pour Vendetta » est à l’origine du fameux masque grimaçant devenu un symbole mondial de rebellion, contre l’ordre établi.

 

« Si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c’est qu’il s’agit sans doute d’un canard. »

 

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