Mgr Gaume, visionnaire…

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Ces propos de Mgr Gaume, extraits de son livre « Le testament de Pierre le Grand ou la clé de l’avenir », et qui datent de 1876, sont particulièrement prémonitoires…

C’est un peu long, tout est bien mais le plus intéressant se trouve vers la fin :

 

 

« Une chose est évidente, c’est l’affaiblissement progressif du catholicisme chez les nations de l’Occident. La moitié de l’Europe a perdu la foi ; l’autre moitié n’est plus guère catholique qu’à demi. Le reste est envahi, à des degrés plus ou moins avancés, par la barbarie intellectuelle et morale, telles que nous les avons définies. De là ce phénomène inouï : l’insurrection générale de toutes les nations baptisées contre le christianisme.

(…) Or c’est l’Eglise qui a tiré le monde de la barbarie, et c’est elle qui l’empêche d’y retomber. Tourner le dos à l’Eglise, lui dire sur tous les tons : nous ne voulons plus de vous, sortez de notre politique, de nos lois, de nos sciences, de notre civilisation : c’est reprendre le chemin de la barbarie ! »

(…)

« Vers les derniers temps, il se formera un règne antichrétien. Ce règne sera la puissance la plus redoutable qui ait jamais attaqué l’Eglise. Par son étendue, par sa force, par sa cruauté, par ses prestiges, par tous les moyens de séduction, il fera courir à l’humanité des dangers tels que, si ses jours n’étaient abrégés, les élus même seraient fascinés, et pas un homme ne serait sauvé. »

« Déjà, pour le dire en passant, s’accomplit sous nos yeux un des prestiges de l’Antéchrist. Ce prestige est d’autant plus dangereux qu’on s’en défit moins, qu’on ne le croit pas comme tel, qu’on le regarde au contraire comme un progrès (…) C’est le débordement de la vie matérielle, sans exemple chez les peuples baptisés ; c’est la fièvre chaude du luxe, c’est l’amour universel du confortable ; en un mot c’est le matérialisme. Qu’est ce que le matérialisme ? Le matérialisme, c’est la religion de la matière. »

« La religion a pour but de nous faire adorer Dieu comme le créateur, le bienfaiteur de l’univers, et de L’aimer par-dessus toute chose. Le matérialisme a pour but de porter l’homme à estimer la matière, à aimer la matière, à la regarder comme la source du bonheur, à la rechercher avec une ardeur fiévreuse ; à estimer heureux ceux qui la possèdent, malheureux ceux qui ne la possèdent pas ; pour elle, oublier qu’on a un Dieu à servir et une âme à sauver ; regarder ces vérités capitales comme des chimères en sorte qu’elles ne pèsent pas plus, sur la vie publique, qu’une plume dans le bassin d’une balance. Voilà dans la pratique la religion de la matière.

Qui imprime aux temps actuels un pareil entraînement vers la terre, vers les choses de la terre, vers le culte du corps ? Si ce n’est pas l’esprit qui élève, c’est l’esprit qui abaisse ; si ce n’est pas l’esprit qui sanctifie, c’est l’esprit qui corrompt ; si ce n’est pas le Christ, c’est l’Antéchrist.

« Entendez-vous ce monde, tombé des hauteurs du christianisme, faisant son apothéose et célébrant le honteux triomphe de la folie sur la sagesse, de la matière sur l’esprit, en disant : « Autant qu’il est en nous, nous nous sommes émancipés de la tutelle du christianisme. Nous nous sommes constitués en dehors de ses lois, et en opposition avec le pape et avec l’Eglise. Nous sommes loin de nous en repentir : quel mal nous est-il arrivé ? Depuis que nous avons banni de nos conseils, de nos sciences et de nos vies celui que les cléricaux appellent le Roi des rois ; depuis que nous nous moquons du Vatican et de ses foudres, nous marchons de progrès en progrès. Jamais nous n’avons été plus éclairés, plus libres, plus riches, plus forts, plus prospères. A quoi bon le pape ? A quoi bon l’Eglise ? A quoi bon le christianisme ? Réalisée sans eux, loin d’eux, malgré eux, notre civilisation, la plus brillante qui fût jamais, est un démenti solennel aux enseignements du passé ! »

« Comment ne pas y voir un des précurseurs du règne antichrétien, et l’avant-coureur immédiat de l’Antéchrist ? »

« (…) Si vous étiez chargé de préparer un règne anti-chrétien, voilà les instructions que vous donneriez :
Vous prêcheriez la négation radicale de tous les dogmes chrétiens, même la divinité de Jésus-Christ. Vous ne manqueriez pas de crier à tous les échos de l’univers que le catholicisme est l’ennemi mortel et irréconciliable de l’humanité. Vous émanciperiez les sens en prêchant une morale indépendante de toute autorité divine ; en poussant par tous les moyens au matérialisme, au luxe, au sensualisme ; en faisant partout prédominer l’égoïsme, qui est l’antipode et la destruction même du catholicisme.

Vous rendriez toutes les nations hostiles à l’Eglise, dont vous anéantiriez l’autorité sociale. Vous vous empareriez de Rome, où vous implanteriez l’hérésie. Le pape et les évêques, rendus suspects, ne pourraient plus ouvrir la bouche sans voir leurs paroles travesties, insultées, tournées à crime et condamnées comme d’abus.

« Par l’instruction, par la presse, par les arts, par les théâtres, vous vous efforceriez de porter la corruption jusqu’à la dernière fibre des âmes. Vous attireriez sur le catholique, et sur le prêtre en particulier, toutes les défiances, tous les mépris, toutes les haines, en attendant que vous puissiez ou les séduire, ou les exterminer. »

 

 

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