Henri Bergson

(Bergson était mon philosophe préféré au lycée, alors que toute la philo m’ennuyait profondément ; je suis donc ravie de découvrir aujourd’hui sa quasi-conversion au catholicisme ^^ )

(…) Il put affirmer une dernière fois ses convictions à la fin de sa vie, en renonçant à tous ses titres et honneurs, plutôt que d’accepter l’exemption des lois antisémites imposées par le régime de Vichy. Bien que désirant se convertir au catholicisme, il y renonça par solidarité avec les autres Juifs. Marque de cette solidarité, plusieurs témoignages indiquent qu’il s’est fait porter par des proches jusqu’au commissariat de Passy, malgré sa maladie, afin de se faire recenser comme « israélite », alors qu’on l’en avait dispensé du fait de sa notoriété et qu’il avait rompu avec le judaïsme. Il s’exprime ainsi en 1937 : «Mes réflexions m’ont amené de plus en plus près du catholicisme, où je vois l’achèvement complet du judaïsme. Je me serais converti, si je n’avais vu se préparer depuis des années (en grande partie, hélas ! par la faute d’un certain nombre de Juifs entièrement dépourvus de sens moral) la formidable vague d’antisémitisme qui va déferler sur le monde. J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. Mais j’espère qu’un prêtre catholique voudra bien, si le cardinal-archevêque de Paris l’y autorise, venir dire des prières à mes obsèques. Au cas où cette autorisation ne serait pas accordée, il faudrait s’adresser à un rabbin, mais sans lui cacher et sans cacher à personne mon adhésion morale au catholicisme, ainsi que le désir exprimé par moi d’abord d’avoir les prières d’un prêtre catholique». Il meurt le 4 janvier 1941 à 81 ans. À la suite de sa demande, un prêtre catholique officiera à son enterrement. « 

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