Francisco Ferrer, ce « martyr ».

WIKI : « Francisco Ferrer est un libre-penseur, franc-maçon et pédagogue libertaire et anarchiste espagnol. En 1901, il fonde l’École moderne, un projet éducatif rationaliste qui promeut la mixité, l’égalité sociale, et un enseignement rationnel. Elle fut la première d’un réseau qui en comptait plus d’une centaine en Espagne en 1907. Elle inspira les modern schools américaines et les nouveaux courants pédagogiques. En 1909, suite aux événements de la semaine tragique à Barcelone, (78 morts, 500 blessés et 112 édifices incendiés dont 80 religieux…).  Il est accusé, notamment par le clergé catholique, d’en être l’un des instigateurs. Condamné à mort par un tribunal militaire à l’issue d’une parodie de procès, il est fusillé le 13 octobre. Son exécution provoque un important mouvement international de protestation. »

Partout sur le web, on peut lire qu’il s’agit d’un grand intellectuel condamné à tort sans la moindre preuve lors d’un procès expéditif…

Dans un long article tout entier à la gloire de Ferrer, sobrement intitulé « Dénonciation d’un crime d’État : l’exécution d’une figure sacrificielle de la Libre Pensée, Francesco Ferrer, martyr du cléricalisme« , on découvre pourtant une version un peu différente de « l’absence de preuve » :

« le 19 août tomba un ordre de bannissement de trois mois des proches et collaborateurs de Ferrer qui auraient pu démentir les faux témoignages ou « preuves » fabriquées et prétendument trouvées dans les demeures saccagées jusqu’aux fondations en l’absence des bannis. »

Ah, enfin l’un de ses fans admets qu’il a donc bien eu des perquisitions et des preuves… (en braillant qu’elles sont fausses ou fabriquées, certes, mais enfin…) Extrait de la lettre de Ferrer versée au dossier : « [la jeunesse] doit apprendre qu’il n’existe contre les gendarmes et la tonsure qu’un seul moyen, la bombe ou le poison. » )

Revoyons un peu sa biographie sur wikipedia., pour savoir s’il s’agit d’un doux agneau assassiné par l’odieux gouvernement catholique…

En 1886, il prend part à la tentative insurrectionnelle républicaine du général républicain Villacampa qui échoue. Obligé de s’exiler, il se réfugie à Paris.

… Ah, tiens, il avait déjà participé à une tentative d’insurrection contre la monarchie ? Et en étant suffisamment impliqué pour être obligé de s’exiler ?

« Le 31 mai 1906, le jour du mariage du roi Alfonso XIII, une bombe explose au milieu du cortège, provoquant la mort de 28 personnes. L’auteur de l’attentat, Mateo Morral était traducteur et bibliothécaire à « l’École Moderne » de Ferrer. Francisco Ferrer est arrêté et accusé d’être l’instigateur de cet acte individuel. Il est finalement acquitté, le 10 juin 1907.« 

…. Rhoo, c’est balot, trois ans avant, un de ses collaborateurs commettait un attentat anarchiste contre le roi… Encore un malencontreux hasard… Continuons :

« En 1884, il est initié franc-maçon dans la loge maçonnique Verdad (Vérité). En juin 1890, il s’affilie à la Loge Les Vrais Experts du Grand Orient de France à Paris et milite activement au sein de la Libre-pensée.« 

Voyons ce qu’en dit « Conjuration antichrétienne » de Mgr Delassus, p.95 :

 » Des pétitions circulent à Paris, Rome, Bruxelles, Londre et Berlin pour protester contre le jugement. Ferrer est exécuté. Aussitôt des manifestations, dont plusieurs sanglantes, se produisent dans les principales villes de France et de tous les pays européens.(…) Les gouvernants sont interpellés dans les divers parlements, des protestations sont signées par les conseils Départementaux, Communaux. Cinquante-sept villes de France décident de donner le nom de Ferrer à l’une de leurs rues. La spontanéité et l’ensemble prodigieux de ces manifestations pour une cause étrangère aux intérêts des divers pays, indiquent une organisation s’étendant à tous les peuples, et ayant une action jusque dans les plus humbles localités. » … Suivent de vibrantes déclarations du Grand Orient de France, de Belgique et d’Italie, et la Ligue des Droits de l’Homme qui s’empresse de lui faire élever une statue de « martyr de la pensée libre et de l’idéal démocratique » dès le mois d’Octobre 1909.

« C’était un homme doux, tranquille et simple» écrit Jean Grave. (wiki)

Sur la fiche Wikipédia du même Jean Grave, une citation  : « La besogne révolutionnaire consiste d’abord à fourrer des idées dans la tête des individus ». Les Temps nouveaux, 12-18 décembre 1896.

Nul doute que son copain Ferrer, créateur de « l’Ecole moderne », était d’accord avec lui…

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