Les nouveaux dogmes de la nouvelle religion

Extrait du discours de Mgr Bernard Tissier, évêque de la FSSPX (27 juin 2002).

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1. — Le péché n’offense plus Dieu

On nous dit que le péché n’offense pas Dieu, mais qu’il nuit seulement au pécheur. Le péché, en effet, ne peut pas atteindre la nature de Dieu qui est incorruptible. Le péché ne fait rien à Dieu. Le péché ne fait que nuire au pécheur, lui faisant perdre la vie divine et offensant la solidarité humaine. Dans ces conditions, le péché n’a plus cette caractéristique d’offense, de destruction de l’honneur de Dieu, de sa gloire, de sa louange ; n’a plus la caractéristique d’une désobéissance à la loi de Dieu. On nie, par conséquent, que Dieu soit en droit d’exiger de ses créatures, non seulement la louange, mais même la soumission à sa loi.

2. — Le pécheur conserve sa dignité humaine

Ensuite, on nous dit que, par le péché, la dignité humaine n’est pas perdue, l’homme conserve sa dignité même après le péché. L’homme reste digne ; l’homme reste gentil, sympathique. Dieu continue d’aimer le pécheur, de lui maintenir son amour et sa faveur. Voilà, Dieu nous est représenté sous la forme d’un Dieu impassible, bonasse, qui accepte tout de la part de ses enfants capricieux. Sa charité, à Dieu, est donc ridiculisée. Dieu continue d’aimer même le pécheur, sans distinction, sans précision.

3. — L’homme n’a plus besoin de faire réparation pour ses péchés

Ensuite, on nous dit que, par conséquent, Dieu ne punit pas le péché par une peine quelconque, temporelle ou éternelle. Puisque le péché n’offense pas Dieu, Dieu ne punit pas. Non, c’est l’homme lui-même qui se punit en subissant les conséquences de ses fautes, et l’enfer n’est que  l’auto-exclusion de l’amour divin. Donc l’enfer n’est plus une peine infligée par Dieu. Dieu n’a plus le droit de punir. Et, par conséquent, l’homme est lavé de tout devoir de réparation envers Dieu. Le besoin d’expier ses péchés pour réparer l’honneur de Dieu n’existe plus.

4. — La passion n’est plus ordonnée à la réparation de nos péchés mais à la seule révélation de l’amour du Père pour nous

Mais cette doctrine, qui donc ne veut plus ni du péché, ni de l’expiation, ni de la satisfaction, va beaucoup plus loin, puisqu’elle va même maintenant fausser le sens des souffrances et de la passion rédemptrice du Sauveur. C’est à ce dogme central que se sont attaqués les modernistes. On va nous dire : les souffrances de Notre-Seigneur sur la croix sont destinées seulement à révéler l’amour de Dieu, mais non pas à satisfaire à la justice divine à la place des hommes pécheurs. (nb : j’avais un doute mais c’est vrai, particulièrement côté protestant, voir ici) Donc, on va tout à fait contre le dogme du précieux sang, cette loi que Dieu a posée même dans l’ancien Testament, que, sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission. On refuse le sang versé par Notre-Seigneur avec toute sa valeur d’expiation, de rémission des péchés, pour ne considérer qu’un acte gratuit par lequel le Père livre sans aucune raison son Fils à la mort, simplement pour révéler l’amour du Père. C’est la plus abominable cruauté : le Père livre son Fils à la mort la plus abominable, simplement pour révéler son amour. On a faussé, vidé le dogme de la rédemption et l’on blasphème même la passion du Sauveur.

5. — Le salut universel

Et quoi bon le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ – à tout le plus pour révéler l’amour du Père, mais pas pour nous sauver – car tous les hommes sont sauvés, de toute façon ! Et, dès lors, c’est l’allégation du pape Jean-Paul II, dans un de ses livres, que, pratiquement, l’enfer probablement est vide. Tous sont sauvés. Donc, vous voyez : le dogme de la rédemption anéanti, faussé radicalement. Étant évacué le péché, étant évacuée même la justice de Dieu, on va évacuer la rédemption, supprimer la rédemption de la croix.

Nouvelle religion, nouveaux dogmes.

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