Mgr Gaume

Extraits du « Traité du Saint-Esprit », de  Mgr Gaume (1864)  :

 « Affaiblissement général de la foi au démon. — Cinq degrés dans l’envahissement satanique : le démon se rend familier. — Il se fait nier. — Réhabiliter. — Appeler comme Roi.— Invoquer comme Dieu. »

(…) Ainsi le démon faisait son œuvre et s’approchait du premier but de ses efforts. Quel est-il ? bannir sa crainte du cœur de l’homme; la bannir afin de se rendre familier; se rendre familier, afin de faire mépriser les enseignements de l’Église et de jeter les armes anti- démoniaques dont elle avait pourvu ses enfants. A-t-il réussi ? interrogeons l’histoire contemporaine.(…)

Par tous les faits que nous venons de rappeler, Satan dit au monde actuel : N’aie pas peur de moi. Nous allons voir que le monde actuel répond : Je n’ai pas
peur de toi.

Toutefois se rendre familier n’est que le premier succès ambitionné de Satan : se faire nier, en lui-même et dans ses opérations multiples, est le second. Se faire réhabiliter est le troisième. Se faire rappeler comme roi est le quatrième. Se faire adorer comme Dieu, est le cinquième. Nous allons le suivre dans ces différentes étapes de la route, dont le terme final est le rétablissement, sous une forme ou sous une autre, de l’ancien paganisme.

(…) le roman ne parle pas aux yeux et ne corrompt qu’individuellement ; autre est le théâtre. Par le prestige des décors, par la réalité des personnages, par le jeu des acteurs, il s’empare de tous les sens et y grave profondément ce qu’il enseigne. De plus il s’adresse à la foule. La pièce obtient-elle un succès de
vogue? Tenez pour certain qu’après vingt représentations, les maximes, les blâmes, les éloges qu’elle contient, deviendront les aphorismes d’une multitude de personnes de toute éducation et de tout rang. . Mieux que personne, le démon l’a compris. Afin de populariser sa réhabilitation, en jetant au mépris de la foule les dogmes chrétiens qui le concernent, il s’est emparé d’un théâtre important de la capitale des lumières (…).

(…) Quel est le roi de l’Europe moderne, envisagée dans ses caractères généraux? Le roi de l’Europe moderne est celui qui la gouverne dans l’ordre des idées et dans l’ordre des faits. (…)

Quel Esprit règne sur la presse, en général, sur les arts, aux théâtres, dans les académies, sur les romans, dans les journaux, sur les écrivains en vogue, de tout nom et de toute nuance : gent innombrable répandue sur tous les points de l’Europe et qui sème à pleines mains le mensonge et la corruption, comme le laboureur sème le grain dans son champ? Est-ce le Saint-Esprit?

Quel législateur a fait écrire dans les codes de l’Europe moderne le divorce, destructeur de la famille chrétienne; le mariage civil, concubinage légal ; la liberté des cultes, patente officielle délivrée à tous les faux monnayeurs de la vérité, négation authentique de toute religion positive ? Est-ce le Saint-Esprit ?

Sous nos yeux on autorise dans la capitale du royaume très-chrétien, le culte public de Mahomet. De toutes les villes chrétiennes, Paris, l’âme des croisades,
la ville de saint Louis, devait, ce semble, être la dernière où l’on bâtît une mosquée : Paris est la première. Est-ce le même Esprit qui règne sur le Paris du moyen âge et sur le Paris du dix-neuvième siècle?

Endormeurs et endormis, vous niez l’existence du démon et son action sur l’homme : dites-nous donc quel Esprit gouverne le monde actuel, considéré dans son ensemble ? »

 

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