L’orgue, cet instrument du diable…

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« Tu savais qu’avant, l’orgue était interdit dans les églises car il était considéré comme un instrument diabolique ?… »

Voilà  plusieurs fois que j’entends dire ça, et que je réponds « Ah bon ?« , tout en me disant qu’il faudra quand même que j’aille vérifier cette réputation d’instrument du diable« …

>>> Et donc : Non, l’Église n’a jamais considéré l’orgue comme un instrument diabolique.

Dans les premiers siècles de la chrétienté, on n’utilisait aucun instrument de musique durant la célébration de la messe.  Aujourd’hui encore, c’est toujours le cas chez les orthodoxes, qui se limitent aux chants. En voici l’explication :

« La voix humaine fut le premier instrument de musique, il fut créé par Dieu. Tous les autres instruments furent créés par l’homme. C’est pourquoi la voix, depuis l’origine, est utilisée dans l’Eglise. »

 

« Pour citer saint Jean Chrysostome : David chantait des chants comme nous chantons aujourd’hui des hymnes. Il avait une lyre avec des cordes sans vie ; l’Eglise a une lyre avec des cordes vivantes. Nos langues sont les cordes de la lyre, qui a un ton différent en effet, mais plus approprié pour la piété. » source

 

Et dans l’Église catholique ? Bien sûr, depuis Vatican 2 et l’abandon du sacré, on peut jouer à peu près de n’importe quoi, n’importe où, et n’importe quand… Mais voici quelle était encore les règles de l’Église en 1958, sur l’utilisation des instruments pendant la messe :

« Temps où l’usage des instruments de musique est interdit. »

« La musique de l’orgue, et encore plus celle des autres instruments, constituant un ornement de la liturgie, l’usage de ces instruments doit se conformer au degré de joie propre à chaque temps liturgique…« 

 

>>> En résumé : l’usage d’instruments était interdit durant toutes les périodes de pénitence, de dépouillement ou de tristesse (temps du Carême, de la Passion, de l’Avent, messe des défunts…), sauf au moment de la bénédiction du Saint Sacrement. Avec tout de même quelques exceptions prévues, en cas de fêtes ou d’anniversaires source

 

Pour l’historique de l’orgue :

« A Rome, l’orgue était utilisé pour les jeux du cirque ou les massacres du Colisée. (…)  La tradition de sa facture sera maintenue en Syrie et à Constantinople. Là, muni de tuyaux d’or et d’argent, il accompagne les cortèges ou les festins. En 757, l’empereur Constantin voulut faire un cadeau à Pépin-le-Bref. Il lui envoya un orgue, instrument qui était alors inconnu chez nous (…). Le prêtre Georges, qui fut abbé de Saint-Savin, exécuta et fit exécuter plusieurs copies de l’instrument, notamment à Aix-la-Chapelle et dans son abbaye, qui semble être le premier lieu de culte ayant accueilli un orgue. (…)  (source)

>>> Donc dès le départ ce sont ce sont des religieux qui ont copié et répandu l’orgue en France, même s’ils furent dans un premier temps d’avantage destinés à un usage mondain et festif. Et le pape Jean VIII en a fait commander un… dès 873 ! (c’est dire si l’orgue était perçu comme diabolique… ) :

«  Ce furent des religieux qui se chargèrent de la facture d’orgue au cours des siècles suivants. (…) Les élèves du prêtre Georges et leurs successeurs répandirent la facture d’orgue au nord des Alpes, loin de Rome(…) au point que le Pape Jean VIII dut faire appel en 873 à l’Archevêque de Freising, en Bavière, pour avoir un orgue et un organiste dans le but d’enseigner la musique à Rome.
Le premier orgue monumental fut construit à l’abbaye de Winchester vers 950. (…) 
D’abord utilisé dans le but d’enseigner la musique, il accompagnait le travail des chantres mais restait interdit à l’office. L’orgue va alors se mêler peu à peu aux cérémonies religieuses… » source

 

« ’L’orgue fait progressivement son entrée dans la chrétienté occidentale : dans les cloîtres d’abord (comme « guide-chant ») au XIe siècle, puis au XIIe siècle dans les églises. Au XIIIe siècle, les grandes églises européennes rivalisent entre elles : elles agrandissent leurs instruments ou en construisent de nouveaux. L’orgue est définitivement reconnu par le monde religieux : le Concile de Milan de 1287 admet l’orgue à l’exclusion de tout autre instrument pour l’office. » source

>> Au final : rien à voir avec une Église d’arriérés interdisant l’orgue pendant des siècles car ils y voyaient un « instrument du diable »…

 

PS : On signalera quand même qu’il y a bien eu une vague d’hostilité religieuse contre les orgues. Venue non pas des catholiques mais… des protestants, calvinistes en particulier :

« En 1566, la furie iconoclaste (« kercksmytinghe ») apporte à nouveau son lot de dégâts. Les iconoclastes détruisent non seulement de nombreuses statues, mais également l’orgue. De nombreux calvinistes étaient particulièrement hostiles aux orgues car ils étaient d’avis que la musique d’orgue détournait les pensées des fidèles. La chronique « Antwerps Chronykje » relate l’événement: « Ils ont également détruit les beaux livres de cantiques… ainsi que trois orgues magnifiques. Les enfants couraient dans les rues en soufflant dans les tuyaux qu’ils se vendaient par jeu« . Le Jésuite Strada raconte dans son « De Bello Belgico » la fin du grand orgue: « Ils ont détruit le grand orgue, une œuvre d’art d’une grande beauté« . source : site de la cathédrale d’Anvers

PS 2 : Seule exception en France : la ville de Lyon, « Primat des Gaules », qui possédait son rite propre : le rite lyonnais se différenciait de l’Église de France, de rite romain. L’usage de l’orgue y était interdit, on y observait des règles différentes et on y célébrait des saints propres. La « Romanisation » de l’archevêché Lyonnais à commencé tardivement, et la cathédrale Saint-Jean a été la dernière cathédrale française à avoir un orgue en 1841. source
PS3 : je mentionne quand même l’hypothèse controversée du pape Vitallien qui aurait voulu introduire l’orgue dans la liturgie dès 660, mais historiquement ça fait débat (voir ici ou ici).
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La conversion du grand rabbin de Rome

(ci-dessous, un article racontant la conversion d’Israel Zoller)

Résultat de recherche d'images pour "Eugenio Zolli"« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale et de sa conversion soudaine, le Grand Rabbin de Rome demande le baptême. Il prend pour prénom Eugenio, en l’honneur de Pie XII et en reconnaissance de son action en faveur des juifs durant la guerre. »

Sa mère, qui descend d’une longue lignée de rabbins, rêve pour lui du rabbinat. Il accomplit des études supérieures à Vienne, puis à Florence. En 1918, il est nommé à 39 ans à peine grand rabbin de Trieste, fonction qu’il assumera une vingtaine d’années. En 1939, il devient grand rabbin de Rome. Lorsque l’Allemagne occupe une large partie de l’Italie en 1943, la communauté juive locale entre à son tour dans le cycle infernal des déportations de masse.

Dans cette tourmente, le Christ apparaît subitement au Grand Rabbin en octobre 1944, alors qu’il se trouvait à l’intérieur de la grande synagogue romaine, le jour de Yom Kippour :

« Ce fut comme si un brouillard se glissait peu à peu à l’intérieur de mon âme. Il devint plus dense, et je perdis le contact avec tous ceux m’entouraient (…) Soudain, je vis avec les yeux de l’esprit, une grande prairie, et, debout au milieu de l’herbe verte, se tenait Jésus revêtu d’un manteau blanc… À cette vue, j’éprouvai une grande paix intérieure, et au fond de mon cœur, j’entendis ces paroles : “Tu es ici pour la dernière fois. Désormais, tu me suivras”. Je les accueillis dans la plus grande sérénité et mon cœur répondit aussitôt : “Ainsi soit-il, ainsi le faut-il”… Une heure plus tard, après le souper, dans ma chambre, ma femme me déclara : “Aujourd’hui, tandis que tu te tenais devant l’Arche de la Torah, il me semblait que la figure blanche de Jésus t’imposait les mains, comme s’Il te bénissait”. J’étais stupéfait… À ce moment là, notre plus jeune fille, Myriam, qui était retirée dans sa chambre et n’avait rien entendu, m’appela pour me dire : “Vous êtes en train de parler de Jésus-Christ. Tu sais, Papa, ce soir j’ai vu en rêve un grand Jésus tout blanc”. Je leur souhaitai une bonne nuit à toutes les deux, et je continuai de réfléchir à la concordance extraordinaire des événements ».

Quelques jours plus tard, le Grand Rabbin renonce à sa charge et va trouver un prêtre. Sa conversion est décidée car, expliquera-t-il plus tard dans ses Mémoires, quand Dieu vous appelle il faut répondre :

« Un homme ne choisit pas le moment de sa conversion, mais il est converti lorsqu’il reçoit cet appel de Dieu. Alors, il n’y a plus qu’une chose à faire  : obéir. C’était un mouvement venant de l’Amour , tout était accompli en la connaissance que l’Amour accorde ».

Le 13 février 1945 il reçoit donc le sacrement du baptême et choisit comme prénom chrétien celui d’Eugenio, en signe de gratitude envers le pape Pie XII pour son action déterminante en faveur des juifs pendant la guerre. Son épouse, Emma, est baptisée avec lui, et leur fille, Myriam, suivra ses parents après un an de réflexion personnelle. Une décision qui ne fut pas sans conséquence : Eugenio Zolli se retrouve tout à coup confronté à de graves problèmes de subsistance ; le soir de son Baptême, Zolli n’a même pas de quoi dîner; Mgr Traglia lui fait l’aumône de cinquante lires. À l’âge de soixante-cinq ans, il se trouve brutalement confronté à de graves problèmes matériels. Jusqu’alors, il a toujours vécu de ses honoraires de Rabbin et de professeur. Il accepte cette nouvelle situation avec le plus grand détachement: «Je demande l’eau du Baptême et rien de plus. Je suis pauvre et je vivrai pauvre. J’ai confiance en la Providence».

Il se retrouve confronté à une pluie de calomnies, selon lesquelles il se serait converti par intérêt. Par intérêt ? Sa pauvreté fut sa réponse : « Aucun motif intéressé ne m’a amené à faire cela ; lorsque ma femme et moi embrassâmes l’Église, nous perdîmes tout ce que nous avions au monde. Dieu nous aidera ». D’ailleurs, confie-t-il dans ses Mémoires, « les juifs qui se convertissent aujourd’hui, comme à l’époque de saint Paul, ont tout à perdre en ce qui concerne la vie matérielle et tout à gagner en vie de la grâce ».

Et lorsqu’on demandait à Zolli pourquoi il avait renoncé à la synagogue pour entrer dans l’Église, il n’hésitait pas une seconde :

« Mais je n’y ai pas renoncé. Le christianisme est l’achèvement de la synagogue. Car la synagogue était une promesse et le christianisme, l’accomplissement de cette promesse. La synagogue indiquait le christianisme ; le christianisme présupposait la synagogue. Ainsi, vous voyez que l’une ne peut exister sans l’autre. »

« Cet événement, dans mon âme, était comme l’arrivée d’un hôte bien-aimé. (..) Dans mon âme, Dieu ne se révélait point par les moyens de la tempête ni du feu, mais à travers un doux murmure… Je devenais conscient d’un Dieu que j’aimais, un Dieu qui veut qu’on L’aime et qui Lui-même aime… ».

Eugenio Zolli meurt le 2 mars 1956. Une semaine avant sa mort, il confie à une religieuse qui le soigne: «Je mourrai le premier vendredi du mois, à quinze heures, comme Notre-Seigneur». Le vendredi 2 mars, dans la matinée, il reçoit la Sainte Communion. Tombé dans le coma à midi, Eugenio Zolli remet son âme à Dieu à trois heures de l’après-midi.

Pour de nombreux historiens incontestés, son témoignage sur l’aide, des bienfaits et du soutien apportés par l’Église auprès des victimes de la Shoah, fut déterminant pour dénouer la controverse sur « le silence » du Saint-Père, face aux atrocités nazies, mais son grand message aujourd’hui fait appel surtout à « un renforcement du lien qui unit spirituellement les juifs et les chrétiens depuis toujours. »

 

Napoléon et la franc-maçonnerie

Reportage de France 3 sur les liens de Napoléon avec la franc-maçonnerie. Edifiant. Non seulement par le nombre de FM autour de lui (son père, tous ses frères, demi-frères, soeurs, sa femme Joséphine, ses proches, dignitaires, etc…) mais de l’implication de la FM dans la création de nos institutions : le Code Civil, la Légion d’honneur, etc… (et c’est France 3, là, pas un obscur site complotiste en plein délire hein…)

Petit commentaire intéressant sur le reportage en question de Jonathan Sturel, que j’ai découvert à cette occasion :

La vie de Mgr Lefebvre

Beau reportage d’une heure et demi sur la vie de Mgr Lefebvre.

Je sais, ça l’air chiant… mais non, c’est très intéressant pour découvrir le personnage et son oeuvre qu’il laisse derrière lui : quand on pense que sans la résistance héroïque de ce vieil évêque français, la messe traditionnelle aurait définitivement disparu de la surface de la terre !

L’islam

Homélie du Cardinal Pie, le 8 novembre 1859, dans la cathédrale de Nantes :

« À l’époque qui nous occupe (à la fin du VIIe siècle), il avait paru sur la terre, depuis bientôt deux siècles, un fils de Bélial, à qui il était réservé de tenir en haleine la chrétienté tout entière durant une période de plus de mille ans.

L’islamisme, « religion monstrueuse » dit Bossuet dans son beau panégyrique de saint Pierre Nolasque, « religion qui se dément elle-même, qui a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes », et j’ajouterai, pour tout attrait ses excitations voluptueuses et ses promesses immorales, l’islamisme avait déjà envahi d’immenses contrées.

Que le schisme, que l’hérésie tombassent sous ses coups, c’était un grand malheur sans doute : toutefois c’est la loi de l’histoire et c’est un ordre accoutumé de la Providence que, pour punir les peuples pervers, Dieu se sert d’autres peuples plus pervers encore ; et cette mission, l’islamisme en était investi pour longtemps

Mais voici que la chrétienté n’est plus seulement atteinte dans ces races dégénérées qui ont décomposé en elles le principe de la vie par l’altération du principe de l’unité et de la vérité : c’est l’Europe dans ses parties les plus vitales, c’est le cœur même des races catholiques qui est menacé ; c’est le boulevard de l’orthodoxie, c’est le royaume très chrétien, c’est la France, et, derrière le rempart de la France, c’est la métropole du christianisme, c’est le monde entier qui aura tout à redouter de ces nouveaux et implacables barbares.

Ils ont franchi les Pyrénées, ils se sont rués sur nos belles provinces du midi, ils ont étanché la soif de leur glaive dans le sang de nos frères orthodoxes, ils s’avancent jusque dans la Bourgogne; leurs traces sont marquées par le feu et par le sang, mais surtout par la profanation et l’impiété. Nul bras n’ose entreprendre de les arrêter… » (source)