Protégé : Vaiana…

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Guillermo pour les enfants…

J’avais déjà consacré un petit article à Guillermo Del Toro, mais je n’avais pas assez potassé le dossier… Heureusement, à l’occasion de sa venue au Festival du film d’animation d’Annecy, on apprend plein de choses passionnantes ! (et pourtant, je ne suis même pas surprise…)

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« S’il est plus célèbre pour ses longs-métrages en live action,  le réalisateur est aussi un acteur majeur de l’animation. De quoi expliquer sa présence au Festival d’Annecy dont il est cette année l’un des invités de marque ». source

« Cela fait maintenant dix ans que Guillermo Del Toro collabore avec DREAMWORKS. (…) Il est l’homme de l’ombre, l’artiste caché derrière les plus grands Dreamworks depuis sa rencontre il y a 8 ans avec Jeffrey Katzenberg, numéro un du studio d’animation.

Consultant haut de gamme pour « MEGAMIND » ou « Dragons », Guillermo del Toro est aussi le producteur Afficher l'image d'origineexécutif du Chat Potté, des Cinq Légendes ou de Kung fu Panda 3. « C’est une sorte de gourou qui officie en coulisses«  a ainsi expliqué Jeffrey Katzenberg à propos de son ami, invité à donner une leçon de cinéma au Festival d’Annecy. « Tous les réalisateurs avec lesquels nous avons travaillé depuis 8 ans ont voulu l’avis et les conseils de Guillermo sur leur film. » . source

 

« Le taux de morts dans les dessins animés à augmenté de 100% quand je suis arrivé chez Dreamworks (…) Mais je pense que les enfants peuvent l’encaisser ». Aussi, a-t-il promis noirceur et épisodes dramatiques dans Trollhunters, sa première série animée produite par Dreamworks et diffusée sur Netflix à partir de décembre 2016.

« Il y est question d’une de mes obsessions : l’idée qu’il existe un monde souterrain, magique, mythologique à côté du nôtre ». En l’occurrence, celui de trolls qu’un jeune adolescent sera chargé de protéger. » source

 

 

Sinon dans le même genre, j’en profite pour évoquer au passage :

  • Neil Gaiman, auteur à succès (plus d’une soixantaine de prix), encore un qui ne s’habille exclusivement que de noir ; grand copain d’Alan Moore, déjà évoqué ‘(« Après des échanges épistolaires, les deux hommes deviennent amis et Moore enseigne à Gaiman l’art d’écrire un scénario de comics » wiki).
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On lui doit des scénarios de BD/comics comme la série « Lucifer« , adaptée en 2015 en série TV à succès (le beau Lucifer qui s’ennuie vient jouer les justiciers sympa sur Terre, alors que le méchant Dieu voudrait renvoyer aux enfers). Et donc, il est aussi l’auteur de plusieurs livres fantastiques pour la jeunesse : le dessin animé glauque « Coraline » par exemple est l’adaptation de son roman éponyme.

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  • Grant Morisson, scénariste de nombreux comics chez Marvel et DC Comics  (X-Mens, Justice League, 4 fantastiques…), encore un qui ne s’habille qu’en noir et rouge, autoproclamé « magicien et occultiste », donnant des conférence sur la « magie du chaos »,  donc un grand copain d‘Alan Moore, lui aussi…

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Horns…

Visionnage de « Horns. », avec en vedette Daniel Radcliffe, l’ex-gentil petit sorcier qui avait déjà le pouvoir de parler aux serpents dans  « Harry Potter »….  -__-

« Bien qu’il ne soit sorti qu’en 2014, « Horns » est le premier film qu’a tourné Daniel Radcliffe après avoir fini la saga Harry Potter (la production ayant débuté en 2012). »

Je ne sais même pas quoi commencer, essayer de démontrer que ce film est sataniste, c’est comme vouloir prouver que l’eau ça mouille… Contrairement à ce que laisse penser l’affiche, il ne s’agit pas du tout d’un gentil teenmovie romantique aseptisé à la « Twilight »… C’est sombre, dur, vulgaire et malsain.

Le film est tiré d’un livre de Joe Hill. Le fils de Stephen King. Une petite citation du monsieur ?

« I guess Satan was the first superhero […] In his first adventure, he took the form of a snake to free two prisoners being held naked in a Third World jungle prison by an all-powerful megalomaniac. At the same time, he broadened their diet and introduced them to their own sexuality.

 

Tout le film est basé sur la dualité Bien/Mal, Ange/Démon, omniprésente…

Le symbolisme est partout, à commencer par ces longs plans fixes ridicules qui ouvrent et qui ferment le film, avec cette pose improbable mais symbolique des deux amants immobiles : le Yin et Yang, mélange du Bien et du Mal. Lui le démon, elle l’ange avec sa croix…

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Le héros s’appelle « Ignatius » (>>>de ignis , signifie « feu »), pendant que sa copine s’appelle « Merrin » (>>> un dérivé de « Marie« )…etc…etc…on va s’arrêter là.

PROBLEME : la dualité mise en place est trompeuse, parce que contrairement aux apparences, la fille n’incarne PAS le Bien….

Résumé : Le héros file le parfait amour avec sa rouquine, une fille « bien » qui va à l’église ; un jour elle lui annonce qu’elle le quitte pour un autre, puis on la retrouve assassinée le lendemain. Le héros est accusé, il pète un câble, il lui pousse des cornes et des superpouvoirs diaboliques, grâce auxquels il va pouvoir enquêter pour découvrir le meurtrier. Vers fin du film, le héros découvre une lettre de sa copine décédée, dans laquelle elle lui avoue que si elle voulait partir loin de lui, ce n’était pas pour partir avec un autre homme, mais parce qu’elle avait un cancer…. Ouf, finalement, c’était vraiment une  « fille bien », youpi.

…. Une fille bien, ah ? Combien de gens vont remarquer que dans la boîte à secrets de sa copine, sous sa fameuse lettre, il y a…horns02

…une image de Baphomet, qui n’a strictement RIEN à faire à cet endroit ?horns03 horns04

Qu’est-ce qu’une image de Baphomet fout dans la boîte à secret de sa gentille amoureuse « pure », celle qui va « sagement » à la messe tous les dimanches ?

Enfin sagement… Si on arrive à faire abstraction du fait que la rouquine le distrait, l’aborde et le séduit pendant la messe en l’éblouissant  avec une croix inversée… Normal, la messe, c’est tellement l’endroit approprié pour draguer, hein…horns05

Désolée, après avoir vu la carte de de Baphomet sous sa lettre, je ne veux pas entendre que c’est peut-être seulement un effet de perspective

Soulignons au passage que la rouquine communique toujours avec lui en langage codé (ici, le Morse), que le petit garçon est obligé d’apprendre à déchiffrer Même lorsqu’elle sera adulte, la dernière lettre de sa copine sera écrit en morse, alors qu’elle n’a aucune raison d’être codée puisqu’elle est dans une cachette secrète où seul son amant peut la trouver. Le langage codé n’ayant aucune utilité dans le film, est probable que cet apprentissage du Morse symbolise autre chose…

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En cherchant sur des forums ou sur la page Wikipedia du livre de Joe Hill, on apprend que dans les couvertures intérieures du livre figure un message écrit en Morse, qui a intrigué certains lecteurs. Après traduction, ce message codé signifie : « Ravi de vous rencontrer; espérons que vous devinez mon nom», qui sont des paroles de la chanson des Rolling Stones, « Sympathy for the Devil. » 

>> L’auteur donne ici la confirmation ici que celui qui utilise un code mystérieux pour communiquer, c’est le Diable. La rouquine n’incarne PAS le Bien, elle est une séductrice qui deviendra la cause de sa transformation satanique…

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Autre truc qui m’avait intriguée : avant leur première relation sexuelle,la rouquine effectue un genre de parade nuptiale pré-copulatoire à la fenêtre, devant un symbole qui pendouille là et qui n’a rien strictement rien à y faire (on est dans une cabane pourrie au fond des bois et ce n’est pas Noël vu sa tenue…) : une étoile, un double pentagramme.

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Confirmation après quelques recherches, sur la page Wikipedia du livre :

« Il y a un autre flashback, évoquant un jour où Merrin et Ignatius ont trouvé une mystérieuse cabane dans les bois, remplie d’objets religieux. Les deux y ont des rapports sexuels,  ensuite se mettent à prier, quand, soudain, de grands coups frappés à la porte les font sursauter. Ils se rhabillent rapidement pendant que le martèlement continue, mais quand ils ouvrent la porte, il n’y a personne. Ils ne parviendront jamais à retrouver cette cabane et finiront par croire qu’ils ont rêvé, la surnommant « cabane imaginaire »  (« Treehouse of the Mind. »)

>>>  Horns Wiki : « Treehouse of the Mind » est une cabane surnaturelle très importante dans Horns. La cabane est détenue et possédée par « L. Morningstar. »  (livre ici)

Morningstar = l’Etoile du Matin (le

pentagramme qui pendouille) = Lucifer.

Convaincu ?

Contrairement à ce que le film vend au grand public, ce n’est pas le récit d’une histoire romantique entre deux gentils ados qui vivent le grand amour : c’est le récit d’une initiation luciférienne.

Quand la rouquine vient dans la cabane du garçon pour la première fois, elle dit « T’es fan de Bowie, toi aussi... » >>>  Haaaan, David Bowie , tu veux dire le mec qui chante  : « I’m closer to the Golden Dawn/ Immersed in Crowley’s uniform… » ? Bon choix pour l’idole de nos deux gentils héros, oui.  (Ah, dernière précision : la bande son du film, c’est des chansons de David Bowie et Marilyn Manson, what else…).

Sinon à part ça dans le film, on a un « héros » qui jette à terre une statue de la vierge, la réduit en miettes à coups de pompes, et pisse sur les bougies… (dans le livre il pisse directement sur la vierge Marie) Normal, on fait tous ça quand on est en déprimé, non ?

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Des gros mots toutes les deux phrases, une bande de gamins vulgaires, salaces et stupides… (des jeunes cools, quoi).

Je te passe la scène où il utilise ses pouvoirs mentaux pour pousser deux flics à s’enculer aussi sec dans leur voiture (-« C‘est à lui que je pense quand j’me branle le soir », -« On a voulu vous faire croire que c’est un péché mais c’est simplement humain« ). Parce que c’est bien connu, tous les flics sont des gros gays refoulés, ho ho…

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Sans surprise, parmi tous les suspects, l’horrible assassin de sa belle rouquine sera évidemment…. (roulement de tambour)….  le Gentil de la bande, le mec bien et propre sur lui, l’ami dévoué et généreux, qui n’est au fond que purulence machiavélique…..(« le Bien n’existe paaaas, les Gentils sont tous des hypocriiites »…)

A la fin, Potter s’accroche au cou la croix de sa copine, qui fait enfin disparaître ses cornes et ses pouvoirs maléfiques, alléluia… Mais du coup, il se retrouve désarmé face à l’autre psychopathe de service. Si ça t’arrive un jour, voilà la procédure à suivre :

Tu arraches ta croix, et aussitôt hop ! Tu as des super ailes qui te poussent, et après une petite métamorphse…

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… hop là, te voilà comme tonton Satan, un super méchant trop stylé, gonflé aux hormones, capable de résister aux balles et défoncer ton ennemi  !horns11d

Moralité : la religion c’est naze, ça ne sert strictement à rien, à part te couper les cornes et brimer tes superpouvoirs diaboliques trop cool (percevoir la vérité, contrôler mentalement les gens, porter des serpents en écharpe, être super costaud…). Ici comme ailleurs, le combat du Bien contre le Mal, c’est dépassé : le must, c’est de lutter entre vrais méchants, pour savoir qui a la plus grosse b… corne, wééé !

PS : Pour info, juste après ce film, Daniel Radcliffe s’est empressé d’incarner le poète Allen Ginsberg dans « Kill Your Darlings » ; je te laisse chercher de quoi il est question… (quelques indices : gay, fellation homo, drogue, alcool, fêtes débridées, spiritualié orientale, pédophilie, meurtre).

PS 2 : C’est pas moi qui le dit, c’est le réalisateur  : « J‘ai l’impression que les gens qui ont grandi en lisant Harry Potter sont maintenant prêts pour les films d’adultes, et Horns est un pont pour eux qui (…) les amène à l’étape suivante ». ( « I feel like people who grew up reading Harry Potter are ready for R-rated material now, and Horns is the bridge for them that skips a few stops – brings them to the next level. » source