Plus on était catholique, moins on votait Hitler…

Article de Slate (journal progressiste pas du tout catho) :

«La religion est le facteur prédictif le plus important du vote nazi. […] Toutes choses égales par ailleurs, les protestants étaient au moins deux fois et demi plus enclins à voter pour les nazis que les catholiques.»

La hiérarchie catholique (…) a pris à l’époque, contrairement à son homologue protestante, des positions offensives contre les nazis, en interdisant à ses fidèles d’adhérer au parti.

 «Celui qui vote pour Hitler devra le justifier le jour du Jugement dernier. Il n’y a pire péché que voter pour lui!», a ainsi déclaré un jour le curé de Waldsee, une ville de Rhénanie. »
Ah, la gangrène protestante… terreau du nazisme, terreau de la franc-maçonnerie, terreau de tous les progressismes tordus, 500 ans qu’ils ont faux sur toute la ligne… Ca se fête, hein François ?
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(PS : on n’est bien d’accord qu’aujourd’hui, le vote des catholiques œcuménisés et protestantisés jusqu’au trognon depuis Vatican II, dirigés par un pape qui fête les 500 ans de Luther et calque son dicours sur celui des hautes instances Européennes… il ne représente plus RIEN de catholique, hein).
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Le droit de vote des femmes en France…

En France, les femmes n’ont obtenu le droit de vote que très tard, en 1944… mais qu’est-ce qui a bloqué aussi longtemps ?

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Est-ce l’opposition de la vilaine société patriarcale sous la coupe de l’Église misogyne ?… Ah non, puisque le pape Benoît XV se prononce pour le droit de vote des femmes dès le 15 juillet 1919. Sans oublier le féminisme catholique :  l’Union nationale pour le vote des femmes , fondée dès 1902 par Jeanne Chenu, et « qui rassemble des femmes catholiques qui se lancent résolument dans la bataille suffragiste dès 1920 » (source) ; et « La Ligue Féminine d’Action Catholique Française« , initié dès 1901, qui milite dès 1919 pour le vote des femmes et en faveur des syndicats féminins. (source)

Wikipedia : « Si le Parti Radical [socialiste] rechigne à s’engager fermement en faveur du vote des femmes, c’est en raison des doutes qu’il émet sur leur autonomie vis-à-vis de l’Église, dont l’emprise ne manquera pas selon lui de faire pencher le vote féminin en faveur des candidats de la droite, voire en faveur des forces hostiles au régime. L’anticléricalisme maçonnique, principal ciment d’une formation politique aux positions par ailleurs assez disparates, rejaillit ainsi indirectement sur les femmes, perçues comme des individus sous influence, et non comme des citoyens autonomes.  Le soutien manifesté par le pape au vote des femmes à partir de 1919 renforce encore dans l’esprit des radicaux l’idée que l’Église catholique tente, par l’entremise des femmes, de regagner sur la société une influence en voie d’effritement.  »

« Le Sénat bloqua obstinément le dossier. Clemenceau affirma ainsi que le droit de vote était un droit naturel, mais que les femmes étaient insuffisamment éduquées et qu’elles constituaient des proies trop faciles à manipuler (il pensait alors à l’influence de l’Eglise, surtout dans les campagnes). En 1935, le même schéma se produisit. » source

PS : Juste à titre de comparaison : si le pape s’est prononcé pour le droit de vote des femmes dès 1919, le Parti Radical [socialiste] ne s’ouvre aux femmes qu’en 1924 ; elle en étaient exclues avant cette date. source

Voilà voila…

 

Bobards d’or…

Alors que j’écoute au hasard une vidéo Youtube sur les preuves de la véracité de la Bible, j’entends ENCORE relayer ce foutu mytho : « Avant l’Eglise brûlait les gens parce qu’ils lisaient la Bible ! » .

Retranscription du commentaire de la vidéo, qui après avoir évoqué les martyrs chrétiens des premiers siècles, enchaîne sur d’autres « martyrs » :

« A la Réforme, il ya eu un temps où l’église était devenue tellement aveuglée qu’elle s’est mise à brûler des gens parce qu’ils lisaient la Bible ! …Wolfgang Schuh, un pasteur de Lorraine, on l’a brûlé avec sa Bible autour du cou pourquoi ? Tout simplement parce qu’il lisait la Bible ! A l’époque c’était interdit de lire la bible en langue vulgaire, parce que ça parlait de distribuer ses biens aux pauvres etc… toutes ces choses ça fait désordre, donc on préfère que le peuple ne lise pas la Bible. « 

 

>>>> OK, voilà maintenant la vraie version de l’histoire de Wolfgang Schuh :

Nous sommes en Lorraine, en pleine « Révolte des Rustauds » , ou « Guerre des Paysans » , un conflit qui a eu lieu entre 1524 et 1526 dans des régions de l’Allemagne du Sud, de la Suisse, de la Lorraine allemande et de l’Alsace.

« Les origines religieuses du mouvement : Tandis que luthériens, calvinistes et anglicans organisent leurs Églises en Europe, de nouveaux courants protestants plus radicaux jugent que le protestantisme établi ne va pas assez loin dans la simplicité du christianisme biblique. Plusieurs de ces groupes suscitent des révoltes politiques ou s’attaquent aux églises dont ils détruisent les images, les vitraux, les statues et les orgues. » source

« Les paysans s’en prennent à des abbayes saccageant tout au passage. Les abbayes de Honcourt, d’Andlau, de Baumgarten et d’Ebersmunster sont détruites et incendiées. Le prieuré de Lièpvre est également partiellement détruit. Les paysans s’apprêtent alors à se rendre en Lorraine pour s’attaquer aux biens du duc de Lorraine. (…) à Saint-Hippolyte, le curé Wolfgang Schuh abjura le catholicisme, se maria et fut suivi par nombre de ses paroissiens. Le duc Antoine envoya un détachement à Saint-Hippolyte avec pour mission de faire rentrer dans le rang les récalcitrants. Le duc était d’autant plus mécontent qu’il tenait ses sujets comme particulièrement irresponsables d’avoir écouté les discours enflammés des Rustauds. Certains avaient même sympathisés vis-à-vis de la Réforme… (source) L’un des meneurs, le curé Wolfgang Schuh, de Saint-Hippolyte, abjure la foi catholique et se marie, suivi par nombre de ses paroissiens. Après les émeutes, il est arrêté, condamné à mort et brûlé vif à Nancy le 21 juin 1525. (source)

« La révolte écrasée, les habitants de Saint-Hippolyte, en signe de pénitence, devront marcher pieds nus et tête découverte en procession cierge à la main, jusqu’au sanctuaire de Dusenbach. Ils doivent restituer tous les ornements enlevés aux églises et couvents,  jeûner tous les vendredis et verser les dîmes et autres redevances à l’Église. » (source)

…………………….

>>> Voilà. On a donc une guerre menée par des protestants fanatiques et violents, qui ont pillé et saccagé les églises et les abbayes de la région, dont le fameux Wolfgang Schuh est non seulement un des meneurs, mais un traître, un ancien curé ayant abjuré le catholicisme…

Voilà le « martyr » qui a été brûlé « juste parce qu’il lisait la Bible en français, par la méchante Eglise qui voulait laisser le peuple dans l’ignorance, trololo ! « .

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… Allez, la suite de son exposé, pour rire ?

« … Et quand les prêtres lisaient la Bible, hé ben on les brûlait sur le parvis de Notre-Dame ! A Aix-en-provence sur la place des Prêcheurs, plusieurs martyrs ont été brûlés, parce qu’ils lisaient la Bible !!« 

 

Je n’ai trouvé qu’un seul protestant brûlé sur la Place des Prêcheurs à Aix : « Antoine de Richieu, chef militaire des réformés qui avait eu la fort mauvaise idée d’embrasser le protestantisme, fut pendu et brûlé au gibet de la Place des Prêcheurs. Il avait été préalablement et férocement massacré par le peuple à Draguignan, sa dépouille transportée jusqu’à Aix«  source

Qui est donc cet Antoine de Richieu, « martyr » du protestantisme ?

On trouve trace de lui et son frère, « les frères Antoine et Paul de Richieu, seigneurs de Mauvans » : « (…) Antoine de Mauvans, calviniste également, ravageait la haute Provence lorsqu’il avait été massacré à Draguignan en 1559 » (wiki)

Un petit complément sur ses actions ?

aixUne autre version sympa de ses exploits ?

aix2Voilà pour nos « martyrs brûlés pour le seul crime d’avoir lu la Bible » … (dès que tu fouilles un peu derrière les poncifs, c’est toujours pareil…)

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Enfin, revenons sur la dernière affirmation :

« … Et quand les prêtres lisaient la Bible, hé ben on les brûlait sur le parvis de Notre-Dame ! »

Cette fois-ci, il y a bien eu 6 protestants brûlés devant Notre-Dame, à la suite de la fameuse « Affaire des Placards » :

« Les placards dont il est question étaient des écrits injurieux et séditieux affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume de France comme Blois, Rouen, Tours et Orléans. Ces affiches furent placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François Ier au château d’Amboise, ce qui constituait un défi et un affront envers la personne même du roi et sa foi catholique. Cet épisode provoque la radicalisation de François Ier contre les partisans de la Réforme, vis-à-vis desquels il avait été jusqu’alors relativement tolérant. »

Même un site protestant l’admet : « Ces placards sont d’une grande violence : ils traitent les rites de la messe de sorcellerie et accusent le pape, les évêques, les prêtres et les moines de mensonge et de blasphème. »

« L’auteur du pamphlet nie la présence réelle du corps du Christ dans l’hostie, ridiculise les rites de l’église, qualifie de diabolique le thèse de la transsubstantiation et invite Dieu à détruire les « idolâtres papistes ».
Le scandale est énorme et le roi ulcéré. Ce texte n’est pas l’oeuvre d’un illuminé mais l’expression d’un complot parfaitement organisé qui implique des familiers du roi puisque le « sacrilège » a été affiché en pleine nuit sur sa propre porte. Le roi est bafoué chez lui. » source

Donc en représailles, il va faire brûler 6 protestants sur le parvis de Notre-Dame.

>>> Avant d’en conclure aussitôt que le roi était un gros nazi-obscurantiste-intolérant, on va préciser qu’au début, « François 1er est d’abord proche des partisans d’une réforme de l’Église. L’évangélisme français (courant intellectuel qui se centre sur les Écritures et la figure de Jésus, s’emploie à traduire le texte sacré et dénonce les insuffisances du clergé) a ses sympathies. Il parvient même à séduire la sœur du roi : Marguerite de Navarre protège le cercle évangélique. »

Puis le roi « observe la division religieuse et politique suscitée en Allemagne par la Réforme » (>> la « Révolte des Rustauds » d’abord, puis la guerre civile conduite par l’union des princes protestants allemands, alors même que le pays doit affronter des invasions Turque et française, obligeant Charles Quint à accepter la « paix d’Augsbourg » qui organise la division religieuse de l’Allemagne : les princes sont libres de choisir leur religion et de l’imposer à leurs sujets. La plus grande partie de l’Allemagne du Nord devient alors protestante et Charles Quint abdiquera un mois plus tard).

« Un événement accentue le trouble du roi à l’égard des réformés : pour manifester leur mépris du culte de Marie, à l’aube du 1er juin 1528, des protestants décapitent une statue de la Vierge installée à l’angle de la rue des Rosiers et du Roi-de-Sicile, à Paris. [ps : ça vous rappelle personne ?] Un document d’époque relate que le roi « fut si courroucé et marry qu’on dit qu’il en pleura très fort ». Quelques jours plus tard, François Ier prend lui-même la tête d’une procession. Portant « une torche de cire blanche ardente, la teste nue, en moult grand révérence », il se dirige vers le lieu du blasphème. Il y remplace la Vierge mutilée par une autre statue, d’argent cette fois. » source  …. « N’oublions pas qu’ un mouvement iconoclaste a parcouru tout le XVIe siècle : bris de statues, profanation des hosties, destruction des images« . source

… Alors bien sûr qu’il y a eu aussi des exactions catholiques pendant les guerres de religions… Mais enfin, c’est quand même assez différent d’affirmer que « l’Eglise brûlait des martyrs juste parce qu’ils voulaient lire la Bible en français » , non ? …

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La vidéo est réalisée par le site « Info-Bible.org » , qui se revendique « chrétien » en se gardant bien de préciser sa chapelle ;  il faut chercher via le nom de leurs fondateurs, Pierre et Daniel Oddon, pour comprendre qu’il s’agit d’un site évangéliste, ènième nuisance engendrée par le protestantisme.

Bref, tout ça mérite bien une petite visite amicale du Pape François pour aller fêter les 500 ans de la Réforme ..

 

 

Jésus pseudo « dieu solaire », l’origine…

 L’idée que Jésus n’était qu’un mythe ou une résurgence d’un dieu solaire, (reprisee par tous nos athés et divers anticléricaux, cf Onfray) a été lancée et propagée en 1887 par l’égyptologue et druide Gerald Massey.

Gerald Massey écrivait pour le journal théosophique sobrement appelé « Lucifer », publié par Helena Blavatsky (surnommée « la sorcière russe », occultiste, créatrice de la Théosophie, grande inspiratrice du New Age et de nombreuses autres théories comme l’ère du Verseau, elle fait l’éloge de la figure de Lucifer présenté comme un « sauveur » qui apporte la connaissance. Savoir, qu’elle déclare détenir de sa communication avec des « entités », etc…)

Ecrits de Massey consultables ici en anglais.

Lire ici sur H.Blatavsky : (« Il est naturel de voir Satan, le serpent de la Genèse, comme le véritable créateur et bienfaiteur, le père de l’humanité spirituelle. Celui qui fut le « messager de lumière », le brillant et radieux Lucifer, qui a ouvert les yeux de l’automate créé par Jéhovah »)

 

 

 

Francisco Ferrer, ce « martyr ».

WIKI : « Francisco Ferrer est un libre-penseur, franc-maçon et pédagogue libertaire et anarchiste espagnol. En 1901, il fonde l’École moderne, un projet éducatif rationaliste qui promeut la mixité, l’égalité sociale, et un enseignement rationnel. Elle fut la première d’un réseau qui en comptait plus d’une centaine en Espagne en 1907. Elle inspira les modern schools américaines et les nouveaux courants pédagogiques. En 1909, suite aux événements de la semaine tragique à Barcelone, (78 morts, 500 blessés et 112 édifices incendiés dont 80 religieux…).  Il est accusé, notamment par le clergé catholique, d’en être l’un des instigateurs. Condamné à mort par un tribunal militaire à l’issue d’une parodie de procès, il est fusillé le 13 octobre. Son exécution provoque un important mouvement international de protestation. »

Partout sur le web, on peut lire qu’il s’agit d’un grand intellectuel condamné à tort sans la moindre preuve lors d’un procès expéditif…

Dans un long article tout entier à la gloire de Ferrer, sobrement intitulé « Dénonciation d’un crime d’État : l’exécution d’une figure sacrificielle de la Libre Pensée, Francesco Ferrer, martyr du cléricalisme« , on découvre pourtant une version un peu différente de « l’absence de preuve » :

« le 19 août tomba un ordre de bannissement de trois mois des proches et collaborateurs de Ferrer qui auraient pu démentir les faux témoignages ou « preuves » fabriquées et prétendument trouvées dans les demeures saccagées jusqu’aux fondations en l’absence des bannis. »

Ah, enfin l’un de ses fans admets qu’il a donc bien eu des perquisitions et des preuves… (en braillant qu’elles sont fausses ou fabriquées, certes, mais enfin…) Extrait de la lettre de Ferrer versée au dossier : « [la jeunesse] doit apprendre qu’il n’existe contre les gendarmes et la tonsure qu’un seul moyen, la bombe ou le poison. » )

Revoyons un peu sa biographie sur wikipedia., pour savoir s’il s’agit d’un doux agneau assassiné par l’odieux gouvernement catholique…

En 1886, il prend part à la tentative insurrectionnelle républicaine du général républicain Villacampa qui échoue. Obligé de s’exiler, il se réfugie à Paris.

… Ah, tiens, il avait déjà participé à une tentative d’insurrection contre la monarchie ? Et en étant suffisamment impliqué pour être obligé de s’exiler ?

« Le 31 mai 1906, le jour du mariage du roi Alfonso XIII, une bombe explose au milieu du cortège, provoquant la mort de 28 personnes. L’auteur de l’attentat, Mateo Morral était traducteur et bibliothécaire à « l’École Moderne » de Ferrer. Francisco Ferrer est arrêté et accusé d’être l’instigateur de cet acte individuel. Il est finalement acquitté, le 10 juin 1907.« 

…. Rhoo, c’est balot, trois ans avant, un de ses collaborateurs commettait un attentat anarchiste contre le roi… Encore un malencontreux hasard… Continuons :

« En 1884, il est initié franc-maçon dans la loge maçonnique Verdad (Vérité). En juin 1890, il s’affilie à la Loge Les Vrais Experts du Grand Orient de France à Paris et milite activement au sein de la Libre-pensée.« 

Voyons ce qu’en dit « Conjuration antichrétienne » de Mgr Delassus, p.95 :

 » Des pétitions circulent à Paris, Rome, Bruxelles, Londre et Berlin pour protester contre le jugement. Ferrer est exécuté. Aussitôt des manifestations, dont plusieurs sanglantes, se produisent dans les principales villes de France et de tous les pays européens.(…) Les gouvernants sont interpellés dans les divers parlements, des protestations sont signées par les conseils Départementaux, Communaux. Cinquante-sept villes de France décident de donner le nom de Ferrer à l’une de leurs rues. La spontanéité et l’ensemble prodigieux de ces manifestations pour une cause étrangère aux intérêts des divers pays, indiquent une organisation s’étendant à tous les peuples, et ayant une action jusque dans les plus humbles localités. » … Suivent de vibrantes déclarations du Grand Orient de France, de Belgique et d’Italie, et la Ligue des Droits de l’Homme qui s’empresse de lui faire élever une statue de « martyr de la pensée libre et de l’idéal démocratique » dès le mois d’Octobre 1909.

« C’était un homme doux, tranquille et simple» écrit Jean Grave. (wiki)

Sur la fiche Wikipédia du même Jean Grave, une citation  : « La besogne révolutionnaire consiste d’abord à fourrer des idées dans la tête des individus ». Les Temps nouveaux, 12-18 décembre 1896.

Nul doute que son copain Ferrer, créateur de « l’Ecole moderne », était d’accord avec lui…

Le mythe des femmes qui n’ont pas d’âme…

Certains prétendent que l’église a nié pendant des siècles  que les femmes avaient une âme, ou qu’elle en a âprement débattu en Concile…

Source initiale : Grégoire de Tours, évêque et historien, écrit en racontant le Concile de Mâcon en 585 : « Il y eut dans ce concile un évêque qui disait que les femmes ne pouvaient être appelées « homo » (homme). Cependant, il se tint tranquille lorsque les évêques lui eurent fait entendre raison, en citant le passage de l’Ancien Testament, qui dit qu’au commencement, quand Dieu créa l’être humain, il le créa mâle et femelle, et lui donna le nom d’Adam, ce qui veut dire homme de terre, appelant ainsi du même nom d’homo la femme et l’homme. »

>>> Notons d’abord que ce débat n’est même pas notifié dans les actes du Concile : il s’agit sans doute d ’une question posée hors programme par un des évêques, au cours de discussions libres ; notons ensuite il s’agit uniquement d’un problème de vocabulaire, car il ne s’agissait pas de savoir si la femme avait une âme, mais si on pouvait la désigner aussi sous le terme générique « homme » . Ce n’est donc pas une difficulté philosophique, mais bien linguistique. (jusque là, en latin, le mot « homo » désignait toute l’humanité sans distinction de sexe,  le mot « vir » désignant l’individu masculin, et « femina » l’individu  féminin. Mais au VIe siècle, la langue latine évolue : le mot « vir » n’est plus guère utilisé, et le mot « homo « , outre son sens universel,devient de plus en plus souvent utilisé pour désigner un individu de sexe masculin).

Les femmes ayant été baptisées aussi bien que les hommes dès les origines de la chrétienté, sans oublier les nombreuse saintes et martyres, discuter de savoir si les femmes ont une âme serait absurde…

 – Construction du  mythe –

1) En 1595, Valens Acidalius, fils d’un pasteur protestant (merci la Réforme),  aurait publié  « Argumentation nouvelle contre les femmes, prouvant qu’elles ne sont pas des êtres humains » : il s’agit d’un pamphlet satirique, destiné à caricaturer les raisonnements à l’aide desquels les anabaptistes contestent la divinité de Jésus-Christ : il veut montrer que le même genre de raisonnements permettrait de prouver la non-humanité des femmes. Il ne parle pas du concile de Mâcon, mais affirme que les anabaptistes  dénient une âme aux femmes. Ces badinages sur les Saintes Écritures furent mis plusieurs fois à l’Index par l’Église catholique.

2) Le mythe prend racine au 16eme siècle par les écrits haineux d’un Luthérien (bravo la Réforme), Lucas Osiander. (>>> Résumé de sa pensée : « Ouéé, d’abord si les femmes ne sont pas des humains, alors la mère de cet évêque débile, c’est une truie, nananère » . Je déforme à peine.)

3) Un pasteur Luthérien (bravo la Réforme), Johannes Leyser, publie en 1676 un ouvrage intitulé « Le triomphe de la polygamie« , où, renvoyant à Osiander, il reprend l’idée que les pères conciliaires de Mâcon auraient bel et bien mis en doute l’appartenance des femmes à l’humanité. Farouche misogyne, il voit là un argument en faveur de sa thèse (« Parmi les saints pères, il y en eut un qui défendit l’idée que les femmes ne pouvaient pas être appelées des êtres humains. L’affaire parut si importante qu’on la débattit publiquement en présence de Dieu, et ce ne fut qu’après de vives et nombreuses controverses que l’on conclut que les femmes étaient de l’espèce humaine. » -LOL- )

4) En 1697, Pierre Bayle, grand érudit calviniste (Réforme toujours) se fait complaisamment l’écho de ces publications.

5) Puis un essai de 1766, « Paradoxe sur les femmes où l’on voit qu’elles ne sont pas de l’espèce humaine », par Charles Clapiès, docteur en médecine.

6) Puis le Marquis de Sade, dans Justine ou les malheurs de la vertu, se fait l’écho de cette légende, dans un discours censé justifier la domination sur la femme.

7) Au XXe siècle, le mythe est encore relayé par Benoîte Groult (féministe), Hervé Bazin (extrême gauche), Jacques  Le Goff (historien communiste et marxiste), Pierre Darmon (né en Algérie, docteur au CNRS, qui affirme en 1984 dans « Mythologie de la femme » que les évêques du concile ont même voté « de justesse  » à quelques voix près que la femme avait une âme… avant d’admettre du bout des lèvres son mensonge en 2012, dans un nota bene de « Femme repaire de tous les vices« ),

8) Last but no least, en 2005, Michel Onfray dans son « Traité d’athéologie » fait discuter les évêques du concile de Mâcon (585) au sujet du livre d’Alcidalus Valeus (évoqué en 1)), pourtant paru mille ans après ce concile ! (en 1595)…

Hé ben, tout ça fleure bon l’honnêteté intellectuelle…

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